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La composition, la grammaire du visuel

Quelle est la différence entre cadre et champ

Il y a quelque temps, cette question m’a été posée. Et effectivement, pour décrire une image, connaître la différence de définition entre le cadre et le champ est important. Je partage avec vous dans cet article les définitions à connaître pour bien savoir de quoi on parle puis je finis par illustrer ce sujet sur la base d’un exemple de photomontage.

1. La réalité versus la diégèse

La réalité peut être comme le monde ou l’univers dans lequel nous vivons tous les jours. Il est assimilable à un ensemble appelé “espace-temps”, caractérisé par quatre dimensions :

  • X : Droite / Gauche
  • Y : Avant / Arrière
  • Z : Haut / Bas
  • T : Le Temps
Ensemble de l'Espace-Temps
L’espace-temps est composé de 4 dimensions. 3 dimensions géométrique (X, Y, Z) et 1 dimension temporelle (t)

La définition de “Diégèse” est la suivante :

Espace-temps dans lequel se déroule l’histoire proposée par une fiction d’un récit, d’un film…

On peut donc considérer que lorsqu’on prend une photo, nous créons automatiquement un mode parallèle à partir de la copie partielle de notre monde réel. Ce nouvel espace-temps est la diégèse.

2. La contrainte du cadre

Pour créer cette copie partielle, nous utilisons un outil qui peut être un appareil photo dans le domaine de la photographie, mais il peut être une caméra dans le domaine de la vidéo ou encore une toile et de la peinture dans l’art pictural.

Quoi qu’il en soit, tous ces outils sont limités et nous permettent de ne copier qu’une partie de notre réalité.

En effet, celle-ci a été limitée par les bords de l’image produite et qui est encadrée.

Par conséquent, le photographe a donc la responsabilité de choisir l’ensemble des éléments qui seront présents ou non dans l’image.

3. Le cadre versus le champ

La notion de “cadre” est relative à l’univers réel, alors que la notion de “champ” est relative à la diégèse (univers fictif).

Si l’on prend l’exemple de mon photomontage “Vampire au cœur léger”, on pourra le décrire des deux manières suivantes :

Illustration de l'article La vampire au cœur léger
Illustration de l’article La vampire au cœur léger

Dans le “cadre”, il y a :

  • Esther, ma fille déguisée en vampire,
  • dans une pièce d’un château ayant appartenu à la famille des Habsbourg,
  • un coeur de boeuf posé sur la table

Dans le champ, il y a :

  • un dangereux vampire,
  • dans une pièce de son propre château,
  • où il a posé sur la table, le coeur sanglant de sa  dernière victime.

En comparant ces deux descriptions, on comprend bien que l’on ne parle pas du tout de la même chose…

4. Le Hors-cadre versus le Hors-champ

Enfin, pour finir, il y a les notions de “hors-cadre” et de “hors-champ”.

Ces deux termes ont en commun le mot “Hors” qui signifie ici : “Ce que l’on ne voit pas dans l’image”.

Puis, nous retrouvons le terme :

  • “cadre” : relatif à l’univers réel
  • “champ” : relatif à la diégèse

Toujours sur la base de l’exemple précédent, nous pouvons les décrire des deux manières suivantes :

Dans le hors-cadre, il y a :

  • Moi, le photographe en train de photographier l’intérieur du château,
  • une seconde fois moi, qui photographie ma fille déguisée en vampire. (je rappelle que l’exemple est un photomontage composé de plusieurs photos)
  • les touristes à côté de moi dans le château,
  • Le soleil à l’extérieur du château, car la photo a été prise en pleine journée,
  • mes flashes de studios qui m’ont permis d’éclairer ma fille déguisée,

Dans le Hors-champ, il y a :

  • La lune à l’extérieur du château qui crée les rayons de lumière,
  • les villageois cloîtrés chez eux avec la peur au ventre,
  • peut-être la dépouille de la victime à laquelle le coeur a été arraché,

Encore une fois, ces deux descriptions parlent de deux choses totalement différentes. Le cadre et le champ sont donc deux notions totalement différentes.

Partagez avec moi en commentaire votre avis et réflexion à propos de ce sujet.

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Série photographique : donner un sens à vos photos

Le point de départ essentiel à une série photographique est son idée car sans idée, pas de série. Ce postulat est très fort car il va en découler les différents points suivants que je vous propose d’aborder sans plus attendre.

 

La série photo permet de penser autrement

L’avantage d’avoir une idée en tête c’est justement qu’on y pense ! Il vous est certainement arrivé, comme moi, au moment où on fait un nouvel achat conséquent comme une voiture, qu’une fois que nous l’avons acquise, nous n’arrêtons pas d’en voir des exemplaires similaires un peu partout.

Ici c’est la même chose. Etre focalisé sur son idée mettra en éveil tous vos sens pour atteindre votre but.

Vous allez donc penser et voir autrement que d’habitude. Toutes les choses insignifiantes en rapport à votre idée, que naturellement vous n’auriez pas remarqué, vont vous sauter aux yeux de manière évidente !

 

Penser série photo permet de regarder plus en détail son sujet

Se mettre dans un état d’esprit tel que décrit ci-dessus, va donc vous faire découvrir tout un ensemble de détails auxquels vous n’auriez pas prêté attention.

Pour illustrer mon propos, prenons l’exemple de la série en fin d’article. Le sujet de celle-ci n’est qu’un pommier au tout début de l’apparition de ses bourgeons. L’idée était extrêmement simple puisqu’il s’agissait simplement de décrire cet arbre en mettant en avant tous les éléments le constituant qui ont frappé mon attention. Cet objectif était néanmoins suffisant pour initier une série photographique.

 

Se concentrer sur son sujet permet de mieux l’explorer

Le but étant de construire un ensemble de photos cohérentes entre elles, toujours dans le cadre de mon exemple, il m’a été nécessaire de passer beaucoup plus de temps qu’à la normale. D’ailleurs, il y a fort à parier que sans l’idée de faire une série photo, je ne me serai même pas intéressé à cet arbre. Mais pour le coup, j’y suis resté au moins une grosse demi-heure à tourner autour et à l’observer attentivement. Je recherchais le moindre petit détail pouvant attirer mon attention.

J’ai donc choisi de commencer à faire une vue d’ensemble de mon sujet avant de me rapprocher pour explorer ses plus infimes parties. Pour être honnête, ce n’est pas cette première photo d’ensemble que j’ai retenue, car celle-ci cadrait uniquement le haut de l’arbre, or je me suis rendu compte au fur et à mesure que mon exploration, qu’il y avait des éléments intéressants se trouvant au sol. J’ai donc réalisé un second cadrage plus complet.

Travailler en série amène donc au fur et à mesure de sa réalisation des besoins de cadrage plus précis et complet qu’instinctivement au départ on ne perçoit pas. Il faut donc prendre son temps pour l’élaborer. De plus, il ne faut pas hésiter à reprendre des photos déjà réalisées précédemment mais en peaufinant les cadrages afin de mieux mettre en évidence les éléments qui nous semblent intéressants.

Ce constat nous amène naturellement au point suivant.

 

Une meilleure définition de nos objectifs ouvre la porte vers de nouvelles voies créatives

C’est donc à ce moment-là que la force de travailler en série peut grandement nous apporter en termes de créativité. Tous ses fameux détails anodins pour le commun des mortels deviennent autant de clés pour développer notre créativité. Le petit clou à tête plate et rouillé dans le tuteur devient l’espace d’un instant le sujet principal d’une photo destinée à évoquer les moyens mis en oeuvre par le jardinier pour fixer ses ficelles.

Ici encore ce constat permet d’enchaîner avec l’idée suivante et non moins la moindre.

 

Photographier en série permet de donner un sens plus fort aux photos

En effet, chacune de ces photos prises individuellement n’apporte pas un grand intérêt pour le spectateur.

Par contre, ensemble, elles apportent toute leur valeur ajoutée de manière cohérente à l’idée de départ que je vous rappelle :

Décrire un pommier au tout début de l’apparition de ses bourgeons.

Il est donc clair ici que la force du message prime sur l’aspect purement individuel de chacune des photos.

 

L’ordre des photos est essentiel

Voici le travail supplémentaire mais absolument nécessaire aux séries photographiques. Il s’agit de bien les organiser dans un ordre bien précis.

Pour ma part, voici comment j’ai procédé :

N° des photos Commentaires
 1 et 2  Approche vers le sujet depuis la vue d’ensemble jusqu’au cœur de l’arbuste
 3, 4, 5 et 6  Description des bougeons naissant le long des pousses et un petit clin d’œil autour de cette seule et unique feuille morte restée de la floraison passée
 7,8 et 9  Zoom sur les accessoires apportés par le jardinier pour travailler arbre et s’assurer de sa bonne pousse.
 10 et 11  Retour au pied de l’arbre avec mise en évidence de l’arrivée du printemps avec les quelques herbes vertes et sauvages qui sortent elles aussi des écorces déposées au sol (qui font d’ailleurs la transition avec les « accessoires » apporté par l’homme).
 12, 13, et 14  Remonté le long du tronc d’arbre pour cette fois-ci mettre en avant les différentes textures des écorces de celui-ci.
 15 et 16  Pour finir j’ai choisi de mettre en évidence les organismes vivants en relation avec l’arbre. Ici nous avons le lichen et l’araignée évoqué par son fil de toile resté en place entre le tuteur et une branche. J’ai notamment choisi cette photo en dernier car elle permet de finir la série sans même l’accent sur mon sujet principal ce qui fait office de sortie de la série photo.

 

La cohérence visuelle des photos

L’autre aspect important des séries de photos est leur cohérence visuelle. Ici pour cet exemple j’ai fait les choix suivants :

  • focal fixe 105 mm macro,
  • photo couleur avec la même balance des blancs,
  • ajout de vignettage pour psychologiquement guider le regard vers les détails,
  • lumière naturelle d’une belle journée de fin d’hiver.

 

La série photo

Illustration de la puissance des séries photographiques sur le sens de vos photos.

Illustration de la puissance des séries photographiques sur le sens de vos photos.

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