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Technique photo ou comment se servir de son matériel

Le matériels photo qu’il vous faut prendre en itinérance

Dans la continuité de l’article de la semaine dernière, j’aborde, comme convenu, le sujet du matériel nécessaire pour pratiquer la photographie en itinérance.

Les contraintes

Quand on pratique l’itinérance, il est important de voyager léger ! Donc, dans de telles conditions, il est important de se poser la question suivante pour chaque matériel :

 “Est-ce cet élément est absolument nécessaire pour le type de photo que j’envisage de faire ?”

Il est clair que la réponse à cette question est directement dépendante de votre mode de locomotion.

Forcément, si vous partez en randonnée pédestre, et que vous serez obligé de porter constamment l’ensemble de votre matériel, le critère poids sera largement le plus important.

A l’inverse, si vous voyagez en camping-car, avec suffisamment d’espace de stockage, vous aurez la possibilité d’emporter plus de matériel, vous donnant ainsi beaucoup plus de latitude pour varier les types de prises de vues.

Le matériel

Venons-en au vif de sujet : le matériel nécessaire. De mon point de vue, il y a deux catégories dans le matériel :

  • Le matériel de prise de vue à proprement parler, et
  • Le matériel technique

Le matériel de prise de vue

Comme rapidement évoqué ci-dessus, ce matériel est évidemment nécessaire, mais c’est aussi souvent un matériel lourd, fragile et potentiellement encombrant.

Pour moi, c’est ici que les décisions sont les plus critiques car impactant immédiatement le critère poids.

L’idée ici est de choisir le juste nécessaire ! Pas question d’emporter l’ensemble des objectifs que vous possédez.

C’est pourquoi, il est important de bien définir à l’avance le type de prise de vue que vous souhaitez réaliser.

Si vous êtes passionné de paysage ou passionné par les photos de portrait, vous n’emportez pas les mêmes objectifs, ni les mêmes accessoires.

C’est donc à vous de faire ces choix.

Mieux vaut être le plus drastique possible au départ quitte à compléter après coup si finalement, il vous reste de la place.

De mon point de vue, il est bon de privilégier un seul objectif trans-standard qui couvre les focales classiques. Les focales grand-angles et des téléobjectifs sont souvent trop spécifiques pour le poids qu’ils engendrent.

Évidemment, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Si vous partez faire un safari photo, l’usage des téléobjectifs sera évidemment plus appropriés.

Dans le cas où vous aimeriez utiliser des flashes, privilégiez des flashes cobra qui sont justement conçus et adaptés pour cet usage.

Enfin, posez-vous bien la question d’emporter un pied photo ou non. Cet accessoire peut s’avérer très utile, voire essentiel, mais, il  est une réelle contrainte pour le transport. C’est à vous de voir… Et d’assumer votre décision…

Personnellement, mon matériel minimal est juste mon Nikon D5 avec mon objectif 24-70mm F/2.8.

Si j’ai la possibilité d’emporter plus de matériel, j’ajoute :

  • un flash cobra,
  • Mon 105mm Macro de Sigma,
  • Mon 70-200mm f/2.8 de Sigma
  • Mon doubleur de focale Sigma
  • 2 triggers CACUS V6 pour pouvoir déporter le déclenchement de mon flash.

Je les ai classés par ordre d’importance pour moi.

Le matériel technique

Abordons maintenant ce que j’appelle le matériel technique. Il s’agit de tous les autres accessoires qui vous sont indispensables mais pas directement liés à la prise de vue.

Par exemple, il y a les batteries supplémentaires, le chargeur de vos accumulateurs, les cartes mémoires de rechange, ou même l’ordinateur portable pour décharger / sauvegarder vos photos au fur et à mesure de votre séjour.

Il existe bon nombre de petits matériels qu’on utilise tous les jours sans vraiment s’en rendre compte, mais qui font intégralement partie de votre flux de production.

Comme nos flux de production sont très personnels et divers, je vous propose ici de partager avec vous les éléments que j’utilise personnellement :

  • une batterie d’avance EN-EL18,
  • le chargeur de batterie uniquement si je pars pour plusieurs jours,
  • mon smartphone pour avoir accès à Internet. Essentiel pour trouver tout type d’information pour savoir où trouver une prise de courant pour recharger par exemple ou connaître les heures de levée et de coucher de soleil, les horaires de marée…
  • un sac quelconque pour emporter juste mon appareil de manière discrète sans attirer les convoitises,
  • mon sac photo renforcé pour protéger le matériel quand j’ai la place de l’emporter,
  • une batterie USB pour charger mon smartphone et les câbles adéquats.,
  • des piles pour mon flash cobra.

Enfin, cette année avec mon nouveau véhicule Van aménagé, j’ai ajouté la station de charge autonome Ecoflow DELTA qui permet une réelle autonomie électrique pour plusieurs jours pour recharger les batteries de l’appareil photo, du flash, et de l’ordinateur éventuel.

Pour moi, ce qu’il faut retenir est de surtout bien définir votre objectif photographique et les besoins essentiels réels que vous avez. Franchement, ceci est loin d’être évident, et vous aurez certainement transporté de nombreuses fois du matériel qui se sera finalement révélé inutile. Mais au fur et à mesure, vous affinerez cette liste de matériel pour vos futurs déplacements.

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Le braketing

Le braketing permet de réaliser une série de photos avec des réglages différents sur l’un des critères suivants :

Les paramètres du braketing

Quel que soit le critère que vous souhaitez faire varier, il y au moins 2 paramètres à définir :

  • Le nombre de photos composant la série,
  • La quantité de variation du critère.

Classiquement, en fonction de l’appareil photo que vous possédez, le nombre de vue définissable varie entre 2, 3, 5, 7 et 9 photos.

Vous avez aussi la possibilité de définir l’ordre des prises de vue :

  • Réglage normal, puis Réglage sous-compensé et enfin surcompensé,
  • Réglage sous-compensé, puis Réglage normal, et enfin Réglage surcompensé

Entre chacune des prises de vue, l’appareil modifiera automatiquement le ou les paramètres nécessaires pour obtenir la quantité de variation du critère que vous avez définie.

Critère 1 : l’exposition

L’exposition d’une photographie est définie par son nombre IL (indice de lumination ou indice de luminance) ou EV (exposure value).

Pour faire varier l’IL d’une photographie, il est possible d’agir sur les 4 paramètres suivants :

Dans les options de votre appareil, vous avez la possibilité de choisir le ou les paramètres à faire évoluer. Cela peut par exemple être :

  • L’exposition et le flash,
  • L’exposition seulement,
  • Ou le flash seulement.

Enfin, en fonction du mode de prise de vue, P, S, A ou M, vous avez la possibilité de choisir le ou lesquels des paramètres de l’exposition à faire évoluer.

Dans le cas du braketing d’expositions, il est nécessaire de déclencher autant de fois que le nombre de photos défini dans la série de photo.

Critère 2 : La balance des blancs

Ici, l’objectif est de faire évoluer la dominante de couleur entre le bleu et l’ambre.

L’unité utilisée est le mired. Il correspond à un décalage de température de couleur et qui peut être de 5 mired, 10 mired ou 15 mired.

Ces écarts peuvent être réalisés vers les bleus, vers les ambres, ou enfin de part et d’autre de la position médiane du réglage défini par le photographe.

La particularité du braketing de la balance des blancs, est que la température de couleur est un paramètre qui peut se régler en post-traitement depuis un fichier RAW.

Ainsi, cette option n’a de sens et n’est accessible uniquement que quand un format enregistrement autre que le RAW est choisi.

En effet, l’appareil exploitera les données RAW saisi par le capteur pour créer à la volée des copies de la prise de vue (en JPG par exemple) avec les valeurs de balance des blancs définies dans le braketing. Ainsi, une seule prise de vue est nécessaire pour produire l’ensemble des fichiers de la série.

Critère 3 : La luminosité des ombres et des hautes lumières

Ici (D-Lighting), il s’agit d’une option spécifique à la marque Nikon qui permet de rendre dès la prise de vue un contraste plus doux en restituant les détails dans les basses et les hautes lumières.

En fonction de votre matériel, il se peut que vous ayez accès des possibilités de braketing spécifique qui de manière générale, repose que le même principe tel que je l’ai expliqué en début d’article.

Je vous invite donc à consulter le manuel de votre appareil photo afin de prendre connaissance des capacités de celui-ci. Vous serez ainsi e mesure d’exploiter l’ensemble de ses possibilités.

Quand utiliser le braketing

Historiquement du temps de l’argentique, le braketing avait pour objectif d’augmenter les probabilités d’obtenir l’exposition optimale dans les situations difficiles d’éclairage.

Aujourd’hui avec le numérique, la visualisation immédiate de la photo permet de savoir tout de suite s’il est nécessaire de reprendre une photo ou non pour optimiser son rendu. Le braketing semblerait alors obsolète.

En réalité, pas du tout. Je pense même qu’il est encore plus utilisé depuis l’ère du numérique.

En effet, malgré tous les avantages que présentent les boîtiers numériques, ils possèdent un grave inconvénient par rapport aux négatifs. Ils sont limités dans la dynamique de capteur. Autant avec l’argentique, il était quasiment impossible de cramer les hautes lumières, qu’en numérique ce risque est omniprésent. Et par conséquent, la prise de vue d’une scène à forts contrastes peut devenir impossible à saisir en une seule prise de vue.

C’est la raison pour laquelle, la technique HDR (High Dynamic Range) a été inventé. Sans rentrer dans les détails, cette technique repose sur l’assemblage en post-traitement de plusieurs photos prises à des expositions différentes pour reconstituer l’ensemble de la dynamique nécessaire à la scène. C’est justement, ce que le braketing est capable de faire à la perfection.

Pour en savoir plus sur la mise en œuvre des fichiers HDR, prise de vue et poste traitement, je vous invite à lire les articles dédiés.

De même, l’utilisation du braketing dans un environnement lumineux dont l’éclairage met en œuvre des sources de lumière de différentes températures de couleur permet d’assembler en post-traitement les différents clichés pour reconstruire une photo homogène en dominante de couleur.

Mon petit secret pratique

Juste pour conclure cet article sur une petite astuce d’utilisation, je vous conseille d’associer le braketing avec le mode prise de vue en rafale de votre boîtier. En effet, la majorité du temps, l’exploitation des séries de photo se fera en post-traitement dans le but de les assembler.

Pour ce faire, il faut un cadrage théoriquement identique, supposant une prise de photo sur pied.

En réalité, les outils informatiques sont capables de repositionner automatiquement de légers décalages de cadrage. Pour faciliter cette tâche, l’utilisation du mode rafale vous permettra de prendre l’ensemble de la série en très peu de temps et limitera donc l’impact de votre mouvement. Ainsi, l’usage du pied photo n’est plus une obligation.

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