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Pose longue : Quand, Comment, Pourquoi

Quand utiliser la pose longue ?

Manque de lumière

C’est la première situation à laquelle un photographe est amené à utiliser la pose longue. En effet, comme expliqué dans l’article à propos de l’exposition d’une photo, il est important que le capteur enregistre suffisamment de lumière pour produire une image correctement exposée.

Lorsque les conditions de prises de vue ne permettent pas d’avoir assez de lumière pour prendre une photo classiquement à main levée, il peut devenir nécessaire de recourir à la pose longue.

Pour rappel, le but est d’augmenter le temps de remplissage de la bassine suffisamment pour qu’elle soit remplie au niveau adéquate.

Montrer le mouvement

A partir d’ici, nous entrons dans l’aspect créatif de la photographie. En effet, au-delà de simplement prendre une scène correctement exposée, nous souhaitons en plus montrer le mouvement d’un sujet.

Augmenter le temps de pose, permet alors d’ajouter du flou au niveau des éléments mobiles par rapport au boîtier de l’appareil photo. Plus le temps de pose est long et plus le flou est intense. De manière extrême, il est même possible de tellement flouter un élément qu’il peut totalement être effacé de la photo.

Dans cette catégorie, plusieurs types d’éléments peuvent être considérés :

  • Les lumières mobiles (phares des voitures, lumières de manèges, étoiles, …)
  • Les fluides comme l’eau (rivières, vagues, cascades, pluie, …)
  • Les type aérosols (les nuages, les fumées, la poussière, …)
  • Les objets (les trains, les voitures, les vélos, les mécanismes, les aiguilles d’une montre, …)
Photographie de cascades en pose longue
Photographie de cascades en pose longue

Light painting

Il s’agit d’une technique particulière qui consiste apporter à manuellement de la lumière à la scène. Deux cas de figure existent :

  • Déplacer une source lumineuse directement dans le cadre. Le trajet parcouru ainsi est enregistré par l’appareil photo et donne réellement l’impression d’avoir écrit avec de la lumière.
  • Éclairer un sujet à l’aide de différentes sources lumineuse telles que des lampes torches, ou des flashes déclenchés manuellement.
Photo exemple de la technique du light Painting.
Photo exemple de la technique du light Painting.

Figer le mouvement par déclenchement d’un flash

Enfin, pour enregistrer des phénomènes ultra rapide, dite photo à haute vitesse, le photographe peut compter sur la vitesse de la lumière plutôt que sur la vitesse d’obturation de son boîtier.

L’idée est donc de régler le boîtier de manière à ce qu’il ne soit pas capable d’enregistrer l’environnement de la scène sans l’apport complémentaire de lumière d’un flash déclenché au moment opportun.

Cette technique est classiquement utilisée pour photographier :

  • les gouttes d’eau,
  • les insectes en vol,
  • les ballons remplis d’eau qui éclatent,
  • les verres qui cassent,
Illustration de l'usage du flash pour des prises de vue à haute vitesse.
Illustration de l’usage du flash pour des prises de vue à haute vitesse.

Comme nous venons de le voir, la pose longue est utile dans de nombreux cas de figure. Maîtriser celle-ci est aussi une base à acquérir si l’on souhaite allez plus loin dans les dernières techniques telles que le light painting, ou les photos à haute vitesse.

Les points sensibles à prendre en compte en pose longue

Derrière tout ce que nous avons évoqué jusqu’à présent, il y a toujours le triangle de l’exposition car, quels que soient nos réglages, le but est d’obtenir une image correctement exposée.

Triangle de l’exposition

Dans le cas de la pose longue, le paramètre primordial est la durée d’exposition qui se veut longue. Il est alors nécessaire de contre-balancer la quantité de lumière en ajustant les deux autres paramètres du triangle qui sont l’ouverture et le réglage de la sensibilité ISO. Comme, la durée peut être très longue, il est souvent nécessaire alors de beaucoup fermé de diaphragme et de baisser les ISO au maximum.

Filtres

Mais pas seulement, il ne faut pas oublier le matériau de base à toute photographie : la LUMIÈRE !

C’est pourquoi, il existe des filtres limitant le passage de la lumière, appelé filtre ND. Classiquement, nous trouvons sur le marché les filtres de puissances différentes suivants :

  • ND2
  • ND4
  • ND8
  • ND400
  • ND1000

Le nombre qui suit les lettres ND indique par combien la quantité de lumière est divisée.

Par exemple, un ND400 divise par 400 la quantité de lumière. Donc si sans filtre votre appareil indique f/8, iso100 à 1/100s, avec le ND400, vous obtiendrez la même exposition avec les réglages f/8, iso100 à 1/100s x 400 = 4 secondes.

Stabilité

Enfin, qui dit durée d’exposition longue dit aussi risque de flou de bougé du boîtier. Il est donc super important d’être très stable par rapport aux éléments que vous souhaitez nets dans votre image.

Matériels idéals

Nous savons donc maintenant quels sont les paramètres importants pour ce type de prise de vue.

Le boîtier

Le boîtier lui-même est important, car en fonction de l’appareil que vous utiliserez vous aurez plus ou moins de latitude sur le réglage de durée d’exposition.

  • Les compacts proposeront classiquement jusqu’à 4 secondes de temps de pose max
  • Les bridges jusqu’à 30 secondes,
  • Les réflexes jusqu’à 30 secondes, mais peut être aussi l’option pose-B voire Pose-T

Pour info :

  • pose-B : avec cette option, temps que vous restez appuyé sur le déclencheur, la photo continue de se prendre
  • pose-T : avec cette option, vous appuyez une fois sur le déclencheur pour lancer la photo, et vous appuyer une seconde fois pour stopper la photo.

Sur les modèles Reflex, vous pouvez aussi avoir la fonctionnalité de verrouillage du miroir qui vous permettra de vous affranchir des micro-vibration engendrées lors de son mouvement à la prise de vue.

Une dernière fonctionnalité que tous les appareils possèdent et qui peut vous peut vous dépanner, c’est la fonction retardateur. Grasse à celle-ci, vous n’engendrerez pas de vibration lors de l’appui sur le déclencheur.

Je vous invite donc à consulter votre manuel pour savoir quelles sont les possibilités de votre matériel.

Trépied photo

Le pied photo est le meilleur ami du photographe qui pratique la pose longue. Si votre matériel n’est pas stable lors de la prise de vue, tous vos efforts seront directement ruinés. C’est pourquoi un solide trépied avec bien sûr une rotule costaud sont extrêmement pratique pour réaliser finement vos cadrages. Vous ne serez donc pas contraint de composer en fonction des supports naturellement à disposition autour de vous.

Télécommande

Une télécommande filaire est aussi un accessoire très utile. Elle vous permettra de déclencher votre photo au bon moment. Ce qui n’est pas vraiment possible par l’usage du retardateur.

Son autre avantage est qu’elles ont quasiment toute la possibilité de bloquer leur déclencheur en position appuyé. Ceci est très utile pour utiliser la fonction Pose-B. Sans quoi, bonjour les crampes aux pousses 😉

Filtres ND

Comme déjà évoqué plus haut ces filtres sont très utiles pour palier à la problématique de trop de lumière.

Lors de leur achat, je vous invite à ne pas prendre des entrées de gamme, car les premiers prix engendrent souvent des problématiques d’introduction de dominante de couleur vers les magenta. Cela risquerait de dénaturer votre scène.

Comment régler son appareil ?

Nous y voilà. Après toutes ses explications pour comprendre les phénomènes et autres conseils, comment devons nous nous y prendre pour faire notre photo.

1. Choix du point de vue

Comme la plupart du temps, vous utiliserez un trépied, je vous conseille de d’abord bien estimer votre meilleur cadrage avant de le mettre en place. Çà vous évitera ainsi des manipulation encombrante avec l’ensemble boîtier-trépied avec de forts risques de chute ou de heurt. En plus, vous gagnerez un temps certain que vous pourrai alors mettre à profit pour la suite des manipulations.

2. Mode manuel conseillé

Personnellement, je vous conseille fortement d’utiliser le mode manuel de votre appareil si possible. En voici les raisons :

  • Quoi qu’il arrive, avec ce type de prise de vue, vous avez forcement le temps de faire vos réglages, c’est donc une très bonne occasion de vous rendre compte que ce fameux « mode manuel » n’est pas si compliqué que ça.
  • Ensuite, pour démystifier l’affaire, tous les appareils ont un indicateur d’exposition qui vous indique si vous être sur ou sous-exposé par rapport à ce que votre boîtier ferait comme réglage lui-même. Vous ne partez donc pas au hasard.
  • Si vous utilisez un filtre ND assez fort, la plupart du temps votre boitier ne saura plus faire la mesure correcte de l’exposition. Dans ce cas-là, le plus simple, notamment avec nos appareils numériques, est de procéder par des tests successifs. Pour ceux qui seraient plus « puristes », vous pourrez quand même y arriver en vous basant sur le calcul de la durée d’exposition comme expliqué précédemment.

3. Mise au point

Deux situations sont possibles : avec ou sans filtre.

  • Dans ce cas où vous n’avez pas besoin de filtre, il se peut que votre appareil puisse réaliser sa mise au point via l’autofocus. Si ce n’est pas le cas, procédez comme si vous aviez un filtre ND.
  • Dans le cas où vous utilisez un filtre ND, la plupart du temps, l’autofocus n’est pas capable de fonctionner correctement. Dans ce cas, vous devrez réaliser votre mise au point avant de monter le filtres, via l’autofocus ou manuellement. C’est d’ailleurs inévitable avec l’usage de filtre ND400 ou ND1000.

4. Verrouillage du miroir

5. Déclenchement de l’appareil par la télécommande ou via l’option retardateur

photo de vagues en pose longue de 30 secondes.
photo de vagues en pose longue de 30 secondes.

Trucs et astuces complémentaires

Cumule de filtres ND

Il faut savoir que les filtres ND peuvent être cumulés entre eux. Dans ce cas, le résultat de leur efficacité revient à multiplier les nombres. Par exemple, un ND2 plus un ND4 seront équivalent à un ND8.

Le seul bémol à cela est que plus vous en empilerez, plus vous risquez de faire apparaître du vignettage. Cette astuce a donc sa limite.

Filtre polarisant

Il faut aussi savoir que naturellement un filtre polarisant réduit d’environ un stop la quantité de lumière entrante. Cela pourrait éventuellement vous rendre service un jour.

Mise au point manuelle par la visée écran

Une bonne pratique pour réaliser une mise au point précise manuellement est d’utiliser la visée écran. En effet, la plupart des appareils permettent de zoomer fortement sur l’aperçu de manière à ce que vous puissiez voir facilement votre point de netteté. Bien sûr cette technique est plus pratique boîtier fixé sur trépied.

J’espère vous avoir apporter toutes les informations nécessaires pour que vous puissiez vous essayer à cette pratique. N’hésitez pas à revenir partager vos expériences dans les commentaires ci-dessous.

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La durée d’exposition, comment la régler.

La durée d’exposition est l’un des 3 paramètres permettant de bien exposer sa photographie. Pour rappel, je vous invite à aller lire l’article “L’exposition, faire-valoir de la créativité” pour comprendre comment cela fonctionne.

La durée d’exposition, c’est quoi

Il s’agit simplement du temps pendant lequel la surface photo-sensible (capteur ou film) de votre appareil photo est éclairée par la lumière de la scène. Pendant toute cette durée, la scène se trouve comme transférée. Si ce temps est trop bref, la photographie sera trop sombre, si ce temps est trop long, elle sera trop claire. Il faut donc choisir la bonne durée en fonction de l’ouverture et de la sensibilité ISO que vous aurez choisi.

Concrètement pour un Réflex, ce temps débute à l’ouverture du premier rideau et se finit à la fermeture du second rideau.

Rapidement, les rideaux sont comme des masques opaques qui permettent de protéger la surface photosensible de la lumière et des poussières. Ils se trouvent juste devant le capteur ou le film et sont cachés dernière le miroir.

Sur quoi influe le réglage de la durée d’exposition ?

Esthétiquement parlant, ce paramètre influe sur la netteté de l’image.

Si tout ce qui est visible dans le cadre de l’image est parfaitement immobile par rapport à celui-ci, chaque rayon de lumière viendra toujours impacter le même endroit du capteur. L’image qui en résultera, sera donc parfaitement nette là où vous aurez fait votre mise au point.

Maintenant, si nous avons l’appareil parfaitement immobile comme quand il est posé sur un pied photo, mais que le sujet se déplace, celui-ci va se déplacer aussi par rapport cadre de la photo. Dans ce cas-là, ce sujet pourra être flou.

Je dis bien “pourra être flou” car si son déplacement réel est insignifiant durant la durée d’exposition utilisée, ce flou ne sera alors pas visible.

Prenons l’exemple suivant : Une voiture roulant à 60km/h, de quelle distance avancera-t-elle en 1/2000e de seconde ?

60 km/h = 60 000 m/h = 6 000 000 cm/h = 1 666 cm/s => en 1/2000e de seconde, la voiture se déplace donc de moins d’1 cm (0.83 cm). Si la voiture n’est pas cadrée trop serrée, cette distance ne sera pas remarquable et la voiture sera ainsi parfaitement nette sur l’image.

Quels sont les effets secondaires ?

Le premier  risque d’un mauvais choix de vitesse est d’avoir une photo totalement floue. C’est ce qui arrive lorsque la durée d’exposition est trop lente par rapport à la stabilité de l’appareil photo. C’est le fameux “flou de bougé” ! En effet, comme nous l’avons vu au chapitre précédent, si le sujet visé est trop mobile par rapport au cadre de la photo, celui-ci est flou. Et bien c’est exactement la même chose si nous faisons bouger le cadre de la photo par rapport au sujet visé : toute la photo sera floue.

Le second risque survient quand la vitesse est trop rapide. C’est le cas typique des moyens de transport comme les voitures et les avions. Quand on prend ce type de sujet avec une durée d’exposition trop courte, le sujet se trouve figé. Le problème est que la photo résultante est identique à prendre une voiture stationnée ou une maquette d’avion suspendue à un fil. Il nous manque ainsi l’impression de vitesse essentielle à la scène.

Ce deuxième cas est plus suggestif car il dépend principalement de ce qu’on l’on souhaite montrer dans son image. C’est aussi et surtout un moyen d’exprimer sa créativité.

Utilités pour les photographes

Voici quelques idées d’utilisation en rapport avec le réglage de la durée d’exposition. Cette liste n’est pas exhaustive évidemment.

Évoquer le mouvement

  • Filé ou panoramique
Fig. 1 - Photo exemple de sujet en mouvement évoqué par l'effet de filé du fond ou autrement appelé effet panoramique.
Fig. 1 – Photo exemple de sujet en mouvement évoqué par l’effet de filé du fond ou autrement appelé effet panoramique.
  • Figer le sujet et évoquer le mouvement par un second élément
Fig. 2 - Photo exemple de sujet en mouvement évoqué par les projections d'eau.
Fig. 2 – Photo exemple de sujet en mouvement évoqué par les projections d’eau.
  • Flou de mouvement du sujet lui-même
Fig. 3 - Photo exemple de sujet en mouvement évoqué par le flou du sujet par rapport au reste du décor.
Fig. 3 – Photo exemple de sujet en mouvement évoqué par le flou du sujet par rapport au reste du décor.

Techniques créatives

  • Light Painting
Fig. 4 - Photo exemple de la technique du light Painting.
Fig. 4 – Photo exemple de la technique du light Painting.
  • photo nocturne
Fig. 5 - Photo exemple de la technique de la pose longue pour de la photo de nuit. Ici 30 secondes d'exposition.
Fig. 5 – Photo exemple de la technique de la pose longue pour de la photo de nuit. Ici 30 secondes d’exposition.
  • Photo de “fantômes”

Accessoires et Astuces

Accessoires

Les 2 principaux accessoires utiles pour bien profiter des possibilités des durées d’expositions sont les suivants :

  • le pied photo : il vous permettra de garder le boitier parfaitement stable même pour des durées de plusieurs minutes.
  • Les filtres ND : ils permettent de réduire la quantité de lumière reçu sans donner de teinte à la scène. Grâce à eux vous pourrez obtenir des temps de pose très long même en plein jour.
  • Une télécommande : elle permet de déclencher manuellement la photo sans risquer de faire bouger de boitier.

Astuces

  • Utiliser le retardateur afin de laisser l’appareil se stabiliser avant de prendre la photo quand vous déclenchez directement avec le bouton du boitier.
  • Utiliser la fonction “levé du miroir” ou “MuP” sur un Réflex de manière à s’assurer que le boitier soit bien stabilisé après la remontée du miroir.

En conclusion

Le champ des possibilités créatives avec les gestions des flous est immense. Je vous invite à vraiment à faire des tests avec votre appareil photo afin de vous familiariser et vous rendre compte qu’il est très facile d’être créatif par ce biais.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre retour d’expérience et vos découvertes.