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La composition, la grammaire du visuel Photomontage et post-traitement Technique photo ou comment se servir de son matériel

Comment donner la sensation de profondeur aux photos

Réaliser une photographie revient à transcrire en deux dimensions (2D) la représentation d’une scène réelle en trois dimensions (3D). L’objectif de cet article est de vous donner quelques clés utiles pour tromper le cerveau du spectateur afin qu’il ressente cette sensation de profondeur sans cette troisième dimension. Je classerai ces clés suivant les aspects suivants :

  • rapport d’échelle
  • superposition
  • contraste
  • effet de vision
  • retouche photo au post-traitement

Rapport d’échelle

Le rapport d’échelle concerne ici l’évolution de la perception des caractéristiques dimensionnelles d’un objet en fonction de la perspective. De manière simple et directe, « plus un objet est loin de nous, plus nous le voyons petit ». Comme vous allez le voir, c’est évidemment vrai, mais il n’y a pas que ça.

Dimensions

Comme, je l’ai écrit juste au-dessus, un même objet sera représenté plus gros sur une photo, s’il est proche du point de vue et diminuera au fur et à mesure qu’il s’éloignera. En fonction de certaines configurations naturelles ou non, la scène à photographier présentera une série plus ou moins alignée de ce type d’éléments. Classiquement, ceux-ci peuvent être par exemple :

  • les poteaux électriques
  • les pierres d’un mur
  • une route de largeur sensiblement constante
  • des traces comme par exemple des traces de pas dans le sable…

Leurs agencements linéaires construisent une ligne de fuite imaginaire. Ces lignes de fuite, si elles sont astucieusement placées dans votre composition évoqueront très fortement cette sensation de profondeur.

Effet de la perspective géométrique sur les dimension d'un sujet
Effet de la perspective géométrique sur les dimension d’un sujet

Motifs

De manière générale, au-delà des dimensions d’un objet bien distinctif, tout ce qui peut s’assimiler à un motif, répond au même phénomène expliqué précédemment. C’est le cas, du motif d’un mur en briques par exemple.

La force des motifs est qu’ils génèrent une multitude de lignes de fuite.

Prêtez attention aux motifs est alors une très bonne façon de profiter d’eux pour traduire cette troisième dimension, car ils disparaîtront progressivement avec la distance.

Voici quelques exemples de motifs courants :

  • des briques d’un mur,
  • des dallages au sol,
  • des tuiles d’un toit,
  • des fenêtres des immeubles,
  • des arbres de même essence,
Importance des motifs et de l'accentuation des perspectives pour transmettre l'impression de profondeur
Importance des motifs et de l’accentuation des perspectives pour transmettre l’impression de profondeur

Textures

Plus, nous nous rapprochons des sujets et plus nous pouvons en voir les détails. L’ensemble des plus petits d’entre eux représente la texture. Encore une fois, ces informations s’évanouiront avec sa distance par rapport au point de vue.

Ici, les exemples de motif peuvent être par exemple :

  • le maillage d’un tissu,
  • les creux et les bosses de l’écorce d’un arbre,
  • l’aspect brossé d’un métal,
  • les piqûres de rouille d’une vieille porte métallique,
  • les craquelures d’une vieille peinture,

Référence à l’échelle

Petite question au passage : qu’est-ce qui permet de faire la différence entre les trois notions précédentes, dimension, motif et texture ? La réponse est le rapport de taille des uns par rapport aux autres.

Afin de pouvoir donner un ordre de grandeur à la profondeur, il est important d’introduire une notion de taille de référence pour l’ensemble de l’image. Concrètement, il suffit d’introduire au moins un élément dont tout le monde connaît instinctivement la taille.

De nombreux éléments peuvent être utilisés :

  • un humain,
  • une voiture,
  • un insecte,
  • un arbre,

Du moment, que les tailles respectives entre les dimensions, les motifs et les textures sont cohérentes entre elles, l’ensemble de ces notions dimensionnelles permettront à duper le cerveau afin qu’il interprète dans la continuité l’information de profondeur de l’image.

En photomontage, c’est l’un des points les plus importants à mettre en place pour donner un rendu réaliste d’une scène.

exemple de l'importance d'une référence de taille pour donner l'échelle des distances et la sensation de la profondeur de l'image
exemple de l’importance d’une référence de taille pour donner l’échelle des distances et la sensation de la profondeur de l’image
exemple de l'importance d'une référence de taille pour donner l'échelle des distances et la sensation de la profondeur de l'image
exemple de l’importance d’une référence de taille pour donner l’échelle des distances et la sensation de la profondeur de l’image

Superposition

« Ceux du fond sont cachés derrière les premiers ».

C’est évidemment une autre caractéristique de la profondeur. Lors de votre composition, il peut-être utile d’intégrer à votre image des éléments qui se cachent partiellement les uns et les autres. Le cerveau sera ainsi contraint d’intégrer la notion multi-plane de la scène et comprendra alors qu’il y a de la profondeur à la scène.

Afin de bien distinguer les différents plans de profondeur (de l’avant-plan à l’arrière-plan en passant par tous ceux intermédiaires), il est intéressant de chercher à les rendre distinguables au mieux. L’une des astuces des photographes de paysages est de photographier aux heures de la journée où la lumière est rasante (premières ou dernières heures de la journée). Ainsi, en fonction de la structure du sol, présence d’arbre, champs de colza ou terre nue…, la luminosité de ses différentes zones s’en trouvent plus contrastées. Ceci permet alors de mieux les distinguer.

Distinguer les différents plans d'une image permet de donner de la profondeur à celle-ci
Distinguer les différents plans d’une image permet de donner de la profondeur à celle-ci

Contraste

Directement, en lien avec la notion de plan de profondeur, nous avons la notion de contraste associé.

Pour rappel, dans mon article dédié aux contrastes d’Itten, j’explique qu’il existe une multitude de types de contraste.

Il est important de comprendre que quelques soient les types de contrastes, ils diminuent tous avec la distance.

Partant de ce constat, on comprend autrement tout ce que nous avons évoqués précédemment autour des dimensions, motifs et textures. Tout ça est donc cohérent. Ouf !

Diminution du contraste de luminosité

A cause de la couche atmosphérique, les hautes lumières et les basses lumières sont de moins en moins distinguables pouvant même devenir uniforme en cas de brouillard par exemple. C’est pourquoi, il est plus facile d’évoquer cette notion de distance en fonction de conditions météorologiques particulières.

Diminution du contraste de couleurs

Pour la même raison, la saturation des couleurs se réduit aussi avec la distance.

L’ensemble de ses deux contrastes est ce que l’on appelle souvent la perspective atmosphérique au même titre que l’on appelle perspective géométrique la gestion des dimensions.

Effet de la perspective atmosphérique et comment la luminosité et les couleurs évoluent avec la distance
Effet de la perspective atmosphérique et comment la luminosité et les couleurs évoluent avec la distance
Effet de la perspective atmosphérique et comment la luminosité et les couleurs évoluent avec la distance
Effet de la perspective atmosphérique et comment la luminosité et les couleurs évoluent avec la distance

A ce stade de l’article, nous connaissons et avons compris quels sont les paramètres importants à prendre en compte pour mieux transcrire la troisième dimension. Pour rappel les voici de façon synthétique :

  • les lignes de fuite imaginaires,
  • les lignes de fuite réelles,
  • les détails à intégrer au premier plan,
  • mettre en évidence les différents plans,
  • choisir ses heures de prise de vue,
  • profitez de la perspective atmosphérique.

Dans la suite de l’article, voici quelques astuces complémentaires pour accentuer ces aspects.

Effet de vision

Profondeur de champ

Tout l’aspect technique de comment procéder aux réglages de la profondeur de champ est expliqué dans mon article dédié. Je vous invite donc à le lire ou le relire si besoin.

L’usage à bon escient de ce paramètre, vous permettra de mieux focaliser le regard là où vous le souhaitez tout en détachant le plan de netteté de l’avant ou de l’arrière-plan.

Accentuation de la perspective

La perspective géométrique étant un aspect très important pour donner cette sensation de profondeur, il est souvent utile de l’amplifier. Pour se faire, il est d’usage d’employer des objectifs à courte focale. Ici aussi, je vous invite à vous référer aux articles dédiés aux différentes familles de focales.

Photographier au ras du sol

Dans le cas, où vous n’auriez pas à disposition des focales courtes, vous pouvez compenser un peu le problème en photographiant au ras du sol. De cette manière, vous intégrerez plus de premier plan à votre photo pour mieux « entrer dedans ».

Retouche photo au post-traitement

Ici, je vais vous donner 3 astuces qui peuvent aussi aider à évoquer ou renforcer la profondeur d’une photo. Il est clair, qu’au post traitement, nous ne pourrons pas faire de miracle non plus. Donc, gardez à l’esprit l’ensemble des informations de cet article concernant les prises de vue, car c’est surtout à ce moment-là que vous avez le plus de possibilité.

Zooming

Pour faire la transition, voici un effet que l’on peut faire aussi bien à la prise de vue qu’au post-traitement. Il s’agit de l’effet de zooming.

Rapidement, pour réaliser ceci à la prise de vue, vous devez régler d’exposition correcte de votre photo de manière à avoir un temps de pose de l’ordre de 1/30s. La technique consiste à zoomer manuellement pendant que vous déclenchez l’obturateur. Vous obtiendrez alors un flou dynamique partant du centre de l’image et qui s’étalera de façon radiale.

Sous Photoshop, vous trouverez l’option dans les filtres de flou.

Le fait d’avoir ce flou partant du centre donne l’impression d’entrer dans la photo et peut en fonction des cas donner une sensation de profondeur. Il s’agit d’un effet créatif qui convient bien d’utiliser modérément pour ne pas s’en lasser.

Évocation de la profondeur par effet de zooming
Evocation de la profondeur par effet de zooming

Correction du voile

Il y a quelque temps, Adobe a créé l’option correction du voile dans Lighroom et CameraRaw. Habituellement, utiliser pour supprimer ou réduire tout au moins l’effet de la perspective atmosphérique, il peut aussi être utilisé inversement pour en ajouter. Dans ce cas, je vous conseille de procéder plan par plan localisé pour étager et ainsi mieux les distinguer.

Tilt-Shift

Cet effet aujourd’hui, un peu trop connu, est néanmoins une bonne solution pour donner un ressenti intense de la profondeur dans l’image. C’est aussi ce qu’on appelle l’effet maquette.

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Technique photo ou comment se servir de son matériel

Grand-angle : pour quelles utilisations

Les objectifs dits grands-angulaires regroupent toutes les focales dont la longueur est inférieure à 50 mm (objectif standard). Plus la focale est courte et plus le champ de vision est large. Au-delà de ce constat, nous allons voir les autres effets visuels induits. Afin de mieux se repérer dans l’ensemble des différentes longueurs focales, nous allons voir les utilisations classiques en fonction de celles-ci. Enfin, pour finir, je vous donnerai quelques trucs et astuces à savoir pour mieux maîtriser ce type d’objectif.

Les effets des courtes focales

Comme nous venons d’évoquer en introduction, les focales courtes permettent de saisir une scène plus large qu’avec un objectif standard. Cet avantage apporte avec lui d’autres effets qu’il est important de connaître pour mieux les maîtriser et en tirer partie pour renforcer les messages que l’on souhaite faire passer à travers nos images.

Profondeur de champ

A un point de vue donné, pour une mise au point identique et à une ouverture de diaphragme similaire, la longueur focale impact l’étendue de la profondeur de champ d’une photo. En effet, plus la focale est courte et plus la profondeur de champ est conséquente. Ainsi, avec un grand-angle, il est très facile d’être net de quelques centimètres de l’appareil jusqu’à l’horizon ce qui est très pratique pour garder un ensemble de détails d’une scène.

Augmentation des distances

Automatiquement, le fait d’avoir un champ de vision plus large, la profondeur de l’image s’en trouve augmentée. Ceci à l’avantage de pourvoir mieux détacher les éléments les uns par rapport aux autres et ainsi donner un sentiment d’espace et de grandeur à la scène.

Exagération des proportions

Sur le même principe que le point précédent, les proportions des différents éléments composant la scène se trouvent modifiées. Ainsi, tous les sujets au premier plan se trouvent beaucoup plus grands que les sujets en arrière-fond.

Déformations

Quand le photographe ne tient pas bien compte des effets précédemment évoqués, les images produites peuvent présenter des déformations éventuellement disgracieuses. C’est le cas par exemple du portrait où classiquement le nez du modèle est disproportionné par rapport au reste du visage. Cependant, ça peut aussi être un réel parti-pris de la part du photographe pour produire des effets créatifs dans une scène.

Les multiples usages classiques par focales

Reportage (35 mm)

Un 35 mm est particulièrement apprécié par les photo-reporters. A à cette focale, il est facile de prendre des portraits en situation sans pour autant que les déformations optiques perturbe trop la morphologie des visages. Cela permet d’avoir un point de vue suffisamment rapproché pour que le spectateur se retrouve comme au cœur de l’action, ce qui donne une meilleur dynamique à la scène et donc apporte plus de force à la photo.

Illustration d'utiliser un 35 mm pour de la photo de type reportage
Illustration d’utiliser un 35 mm pour de la photo de type reportage

Paysage (28 mm)

Avec cette focale de 28 mm, les distances se trouvent intensément étirées. Elle est alors adaptée au paysage de manière à intégrer une grande quantité de détails au sein de la scène. Il peut aussi être utilisé en repartage, mais dans ce cas, il est important de bien faire attention à ne pas se rapprocher trop des sujet pour ne pas les déformer excessivement.

Illustration de l'usage du 28 mm pour du paysage
Illustration de l’usage du 28 mm pour du paysage

Intérieur (24 mm)

Un 24 mm  est un choix très pratique pour les photographies d’intérieur. En effet, le manque de recul et de luminosité nécessite ce type de focale très courte qui permet de bien gérer ce type de situation. Il est néanmoins conseillé de ne pas trop s’approcher d’un des éléments de la scène pour ne pas qu’il apparaisse trop étiré vers les bords.

Illustration de l'utilisation d'un 24 mm pour des photos en intérieur
Illustration de l’utilisation d’un 24 mm pour des photos en intérieur

Effet créatif (17mm et inférieur)

Les focales extrêmement courtes sont souvent utilisées dans le cas d’effet créatif. Les déformations sont inévitables avec ce type de matériel et c’est pourquoi il faut apprendre à composer avec elles pour qu’elles soient un plus pour la photo au lieu d’être une contrainte. Dans le domaine de la créativité, tout reste possible en terme d’aspect visuel.

Illustration de la créativité d'utiliser un 14 mm pour la créativité

Trucs et astuces

Flou de bougé

Un avantage des courtes focales est leur capacité à être moins sensible au flou de bougé. Cette caractéristique est intéressante, car elle nous permet de prendre des photos à main levée à des vitesses d’obturation très lente.

Faible lumière

Dans la même logique que le flou de bougé, photographier avec une courte focale est plus aisé dans des conditions de faible lumière. La majorité des courtes focales permettent d’ailleurs des ouverture de diaphragme plus grand et comme vu précédemment, permet des vitesses d’obturation plus lente ; deux avantages pour bien exposer ses clichés.

Allonger les jambes

Dans le cadre de portrait en pied, l’usage d’une courte focale en contre-plongée permet de donner l’impression que les jambes du modèle sont plus allongées qu’en réalité. Ceci est couramment utilisé en photographie de mode.

Portrait en situation

Faire des portraits, c’est bien, mais faire des portraits avec la mise en évidence du contexte et de l’environnement du modèle est très utile pour donner plus de sens à une image. Ainsi, la même photo peut véhiculer l’information de qui est la personne photographiée et ce qu’elle fait ou dans quel environnement elle évolue.

Correction d’objectif (post-traitement)

Aujourd’hui, au post-traitement informatique permet de corriger une grande partie des déformations optique engendrées par les courtes focales. Il ne faut pas hésiter à utiliser des moyens pour atténuer ces déformations si celles-ci n’apportent rien au sens de votre image. Tous les logiciels de type Lightroom le fond très bien.

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La Lumière, c'est quoi ?

Lumière : Les 7 paramètres d’une source lumineuse

 

Importance de la lumière

En photographie, le “matériau” le plus important est la lumière. Et pour cause, le terme “photographie” est composé :

  • du préfixe “photo-” qui signifie « lumière » ou « clarté »,
  • du suffixe “-graphie” qui signifie « peindre », « dessiner » ou « écrire ».

Photographier signifie donc “peindre avec la lumière”.

Ceci étant, il est donc essentiel de bien connaitre les paramètres de celle-ci afin de comprendre leurs effets dans une scène ou sur un sujet. Evidemment, l’étape suivante sera de jouer avec ceux-ci pour influer sur le rendu de l’image.

Les paramètres

Ces 7 paramètres sont les suivants :

  1. l’intensité lumineuse de la source,
  2. la température de couleur de la source (= la teinte de la source),
  3. la polarité de la lumière,
  4. la diffusion,
  5. la taille apparente de la source (du point de vue du sujet éclairé),
  6. la distance séparant la source lumineuse du sujet éclairé,
  7. l’orientation de la source lumineuse par rapport au sujet et à l’observateur.

1. L’intensité

Il s’agit simplement de la puissance lumineuse de la source. Il existe plusieurs unités pour exprimer cette caractéristique en fonction du matériel utilisé.

    • Sur les ampoules classiques, on a longtemps utilisé le Watt (W),
    • Sur les nouvelles ampoules à LED, on utilise le Lumen,
    • Sur les flash cobra, on utilise le Nombre Guide (NG). Il est toujours exprimé pour 100Iso et une focale de 50mm en équivalent 24×36.
    • Sur les flash de studio, on utilise le Joule (J),

Dans tous les cas, plus la valeur est élevée et plus l’intensité est forte.

Le point le plus important à savoir est :

“L’intensité de la lumière se divise par le carré de la distance.”

Bon, pour être plus clair, rien de mieux qu’un exemple.

Supposons que vous êtes dans votre salon, la soirée est déjà tombée et grondent au loin quelques orages de fin d’été. Vous êtes en train de lire un livre passionnant sur la photographie. Pour ce faire, vous vous êtes confortablement installé dans votre fauteuil à coté d’une lampe de 25W à 1 mètre environ de votre livre.

Tout à coup, un claquement de tonnerre vous fait sursauter et au même instant, vous remarquez que l’ampoule de votre lampe vient de griller. Frustré de ne pas pouvoir continuer votre lecture comme avant, vous décidez de remplacer cette ampoule. Malheureusement, celle de rechange affiche 100W.

A quelle distance devez vous placer cette nouvelle ampoule pour retrouver le même éclairement que précédemment ?

Avec

  • D = distance livre / ampoule de 100W,
  • d = 1 m (distance livre / ampoule de 25W),
  • P25 = 25W (puissance de l’ampoule 25W),
  • P100 = 100W (puissance de l’ampoule 100W)

La réponse est D = 2m car P25 / d2 = 25W / (1m)2 = 100W / (2m)2 = 100W / 4.

Dit autrement, la puissance lumineuse est divisée par 4 (=22) quand on double sa distance la séparant de son sujet.

Rassurez vous, dans la vraie vie, on ne s’amuse pas à calculer ces chiffres. Nous regardons juste la luminosité de notre livre tout en déplaçant notre lampe jusqu’à ce que le rendu revienne comme avant.

Utilité :

Cette propriété est très pratique car elle permet de faire varier l’intensité d’une source lumineuse juste en la rapprochant ou en l’éloignant du sujet.

2. La température de couleur

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La température de couleur (TC) est exprimée en degré Kelvin (K). C’est la manière dont les photographes expriment précisément les différents niveaux de teinte que la lumière naturelle ou artificielle peut avoir.

  • On parlera de lumière chaude quand la couleur se rapprochera du jaune/rouge. TC < 6500K,
  • On parlera de lumière froide quand la couleur se rapprochera du bleu. TC > 6500K.
  • Pour information, la lumière du jour à midi sous le soleil est justement au alentour de 6500K (lumière dite “blanche”).
  • Cette gamme s’étendre couramment de 1500K (Lumière d’une bougie) à 10000K (lumière du ciel polaire).

Température de couleur
Fig. 1 – Gamme de la température de couleur de la lumière

Mais attention au vocabulaire !

Comme on peut le remarquer ci-dessus, une lumière chaude est caractérisée par une faible température de couleur et inversement, une lumière froide est caractérisée par une forte température de couleur. Cela peut prêter à confusion.

Pour illustrer cette propriété, il suffit de penser aux illuminations les soirs en ville comme l’image suivante :

Prague à l'heure bleue
Fig. 2 – mise en évidence des différences de température de couleur entre la lumière froide du ciel et les lumières chaudes des éclairages urbains.

Utilité :

Ce comportement permet d’apporter du contraste à une image et développer des ambiances particulière.

3. La polarité

Du point de vue physique, la lumière est une oscillation électromagnétique ! Ouah ! mais quel est ce charabia ?

D’une certaine manière, on peut imaginer la lumière comme étant des petits éléments, les photons, qui se déplacent en hélicoïdale (comme si leur trajectoire suivait le fil d’un ressort).

La figure ci-dessous représente ce que nous verrions sur nous regardions dans l’axe du “ressort”.

Schématisation du mouvement d'un photon en fonction de la polarité
Fig. 3 – Schématisation du mouvement d’un photon en fonction de la polarité

Quand la lumière est polarisée, c’est comme si les photons  pouvaient se déplacer uniquement suivant une direction définie, soit verticalement, soit horizontalement. Tant que le photon oscille au moins sur un axe, il y a de la lumière. Dans le cas où il est bridé dans 2 directions perpendiculaires, le photon n’est plus capable d’osciller. Par conséquent, il n’y a plus de lumière.

Mais comment faire pour polariser la lumière. Il y a deux façons :

  • Par rebond sur une surface polarisante. C’est typiquement le cas d’un écran à cristaux liquides.
  • A travers un filtre polarisant. C’est le cas des verres de certaines lunettes de soleil.

Utilité :

En photo de paysage, un filtre polarisant permet de supprimer une partie des reflets de la lumière du soleil. Les deux conséquences principales sont la saturation des couleurs et de mieux voir à travers les vitres ou la surface de l’eau.

En photo de studio, il est possible de mieux gérer les reflets spéculaires de certains matériaux comme le plastique par exemple.

4. La diffusion

Comme vous devez certainement le savoir, la lumière se déplace en ligne droite à notre échelle. Cela signifie que tous les rayons lumineux d’une source de lumière éclairent radialement dans toutes les directions depuis celle-ci jusqu’à ce qu’ils heurtent une surface.

Plusieurs possibilités peuvent se produire en fonction du matériau de l’objet heurté :

  • La lumière peut être réfléchie. C’est le cas extrême du miroir.
  • La lumière peut être absorbé. C’est le cas d’une surface noir et opaque.
  • La lumière peut être transmise. C’est le cas des matériaux transparents.
  • La lumière peut être diffusée. C’est ce dernier cas qui nous intéresse dans ce chapitre.

Comportements de la lumière
Fig. 4 – Schémas de principe de la Réflexion, Absorption et Transmission

La diffusion est la réaction de la lumière quand elle heurte une matière translucide à la différence de transparent. Concrètement quelle est la différence entre les deux phénomènes ?

Commençons par le plus simple. Un matériau transparent permet de voir à travers en nous permettant de bien distinguer les formes et les couleurs des objets derrières. Ceci est possible, car ce type de matériau dévie très peu les rayons de la lumière. L’image est transmise avec peu de déformation.

Maintenant, les matériaux translucides. Ils sont souvent moins purs et leur structure interne plus chaotique. C’est comme si chaque rayon pénétrait un peu la matière. Une partie de sa lumière est réfléchie dans une autre direction alors que le reste continue son chemin. Ces deux nouveaux rayons (internes à la matière) rencontrent alors d’autres aspérités et le phénomène se répète. Si l’intensité de la source lumineuse initiale est assez forte, des rayons lumineux arrivent néanmoins à ressortir de  cet objet translucide.

Dans ce cas, l’image transmise est complètement brouillée au point de simplement illuminer l’objet translucide.

Comportement de la lumière
Fig. 5 – Schéma de la diffusion de la lumière

Utilité :

La diffusion est particulièrement utilisée pour transformer une source de lumière ponctuelle en source large. (cf. chapitres suivants)

5. La taille “apparente”

Régler la lumière en photographie signifie le plus souvent arranger le rendu des ombres de la scène. En effet, il n’y a pas de volume dans une image sans ombre. L’autre terme largement utilisé en photo est “Le modelé” de la scène.

Seule la taille de la source apparente par rapport au sujet influe sur le rendu des ombres. Il existe 2 types de rendu :

  • Les ombres aux bords très marqués dites “dur”,
  • Les ombres aux bords flous dites “douce”.

ombre-dure-douce
Fig. 6 – présentation des ombres « dures » et « douces »

taille_source_lumineuse
Fig. 7 – Schémas des rayons d’une source lumineuse dure ou douce

Comme nous l’avons déjà dit au chapitre précédent, les rayons lumineux se déplacent en ligne droite radialement depuis leur source.

Sur le schéma de gauche, nous sommes en présence d’une source lumineuse très petite assimilable à un point unique. De ce fait tous les rayons émanant de ce point ne peuvent attendre la surface du sol masquée par l’objet. La transition de l’ombre est donc bien distincte (Figure 6, image de gauche).

Sur le schéma de droite, la source de lumière est très large est déborde même de l’objet. Sa surface peut être assimilée à une infinité de sources ponctuelles dont quelques unes sont représentées. On constate alors qu’une plus grande surface du sol est éclairée. La transition de l’ombre est donc progressive en dégradé (Figure 6, image de droite).

Utilité :

Ce phénomène est très intéressant pour modeler les ombres sur un portrait par exemple. Le cas classique est d’utiliser des sources larges pour apporter de la douceur dans un portrait de femme. A l’inverse, on utilisera des sources ponctuelles pour renforcer les caractères viriles d’un portrait masculin.

6. La distance lumière / sujet

Nous avons déjà vu 5 paramètres importants. Le sixième est un paramètre particulier car il est le lien entre 2 paramètres que nous avons déjà abordés. Ceux sont les suivants :

  • Intensité,
  • Taille apparente.

En effet dans le premier chapitre, nous avons vu que l’intensité lumineuse évolue en fonction de la distance.

Mais il ne faut pas oublier que la taille apparente de la source se réduit aussi avec la distance.

En pratique, cela fonctionne comme ce qui suit.

La plupart des sources lumineuses en photographie sont réglables en intensité à l’aide d’un potentiomètre. Quand nous avons cette option à disposition, nous sommes “les rois du monde” !

Méthode

Il suffit simplement

  1. de régler le rendu des ombres (dur ou douce) en fixant la distance de la source de lumière par rapport au sujet,
  2. de compenser la perte de luminosité par le réglage de l’intensité via ce fameux potentiomètre. Et le tour est joué !

Mais vous me direz peut-être :

“Moi, je n’ai pas de matériel sophistiqué ! Alors comment je peux faire si je n’ai pas la possibilité de régler l’intensité ?”

L’astuce est la suivante. il suffit d’intercaler un matériaux diffusant entre la source et le sujet. Car l’effet de diffusion élargira la surface d’éclairement de la source. Dans l’exemple suivant, j’ai juste utilisé une feuille de papier sulfurisé de cuisine qui résiste bien à la chaleur d’une ampoule allumée.

Modification de la taille d'une source lumineuse par un matériau diffusant
Fig. 8 – Modification de la taille d’une source lumineuse par un matériau diffusant

Utilité :

Permet simplement de régler le modelé des ombres et/ou la puissance lumineuse.

7. L’ orientation de la source

Pour ce dernier point, l’objectif est d’orienter les ombres de manière à les projeter dans la direction la plus adaptée à notre besoin.

Plutôt qu’un long discours, une mosaïque d’image sera plus compréhensible. Les flèches jaunes indique la direction de l’éclairage. Sur la figure du centre, l’éclairage est directement de face.

Fig. 9 – Influence sur les ombres de l’orientation de la lumière
Fig. 9 – Influence sur les ombres de l’orientation de la lumière

Utilité :

La position de la lumière par rapport au sujet permet de donner du caractère au sujet et d’en révéler les volumes.

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