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Rêve d’évasion

Photomontage en haute résolution "Rêve d'évasion..."
Photomontage en haute résolution « Rêve d’évasion… »

En ces temps de canicule, et cette saison estivale, j’avais envie de réaliser un photomontage évoquant la plage et une bouteille à la mer avec moi à l’intérieur. Au moment de la réalisation de celui-ci, j’ai développé plus précisément le message à transmettre par celui-ci. Lorsque l’on est encore au travail, et que le temps des vacances devient imminent, notre esprit s’évade de plus en plus. D’où le titre « rêve d’évasion ».

Explication du comment

Ce photomontage a été réalisé sur la base de 6 photographies :

  • La photo du paysage(pixels),
  • La photo du bateau en papier (pixels), 
  • La photo de la fumée (pixels),
  • La photo de la bouteille,
  • La photo du voilier,
  • La photo de portrait de ma fille.
Photo de base : le paysage
Photo de base : le paysage
Photo de base : le bateau en papier
Photo de base : le bateau en papier
Photo de base : la fumée
Photo de base : la fumée

Évidemment, j’ai personnellement réalisé ces trois dernières photos.

La photo du voilier est issue de ma banque d’images où j’ai retrouvé une série de photos de ma venue à l’Armada de Rouen en 2013.

Photo de base : le voilier
Photo de base : le voilier

Les deux photos suivantes, le portrait de ma fille et la bouteille, ont été spécialement réalisées pour ce photomontage.

Photo de base : la bouteille
Photo de base : la bouteille
Photo de base : le personnage
Photo de base : le personnage

Afin de définir la composition globale, j’ai rapidement découpé grossièrement chacun des éléments intéressants de mes photos de base pour les placer à leur position dans la photo. Ainsi, j’ai pu affiner l’esprit général du photomontage.

La photo de paysage associé au positionnement de chacun des objets, m’a permis de définir l’éclairage des photos dont j’avais besoin pour réaliser par moi-même.

De façon générale, j’ai détouré chacun des éléments dont j’avais besoin avec l’outil Plume pour une plus grande précision finale.

La transparence de la bouteille a été réalisée à l’aide de l’outil blendif des calques. Ce dernier permet de définir la transparence en fonction de la luminosité du calque ou du calque en dessous de celui que l’on règle.

Pour évoquer le rêve du grand voilier, j’ai choisi de le laisser en transparence partielle. Ainsi, on voit apparaître, à travers lui, le panache de fumée et les vagues de la mer.

L’idée du panache de fumée sortant de la bouteille est pour moi le moyen d’évoquer la notion d’évasion. Le navire apparaît alors comme le génie de la lampe magique d’Aladin.

De plus, l’idée de mettre un personnage à l’intérieur d’une bouteille me permet d’évoquer la créativité de notre esprit comme le dit si bien l’expression anglo-saxonne “out the box” qui signifie “sortir de la boîte”. 

Enfin, la présence du bateau en papier permet de retranscrire l’imagination de ma fille à visualiser un petit bateau en papier comme étant aussi beau qu’un grand voilier du siècle dernier.

Pour mieux intégrer les différents objets dans la lumière du coucher de soleil, j’ai appliqué un effet halo à l’ensemble de l’image grâce à l’outil Photoshop du même nom.

Au niveau des ombres de chacun des objets, j’ai utilisé dans la galerie de filtre flou, le choix “profondeur de champ” afin de donner un flou progressif depuis le point de contact des objets avec le sol.

Finalement, j’ai appliqué une texture vieille photo à l’aide du plugin Google Nik collection pour donner plus de présence à l’ensemble.

Autocritique

J’aime bien les couleurs de l’image avec le mélange des tons chauds et des tons froids et qui contraste entre la réalité et le rêve.

Je pense que l’idée que je souhaitais transmettre à travers cette image est assez clair et bien correctement construite.

Enfin, la qualité de réalisation me semble satisfaisante et correspond très fidèlement à l’image que j’avais initialement en tête avant la réalisation.

Auto-notation

Créativité
Satisfaction personnelle
Difficulté technique

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Technique photo ou comment se servir de son matériel

Comment retoucher les photos exposées à droite

Une bonne manière d’éviter d’avoir trop de bruit dans les basses lumières d’une photo est d’exposer celle-ci à droite. Pour ce qui est de la prise de vue, je vous renvoie à l’article en question. Cependant, le travail n’est pas fini, car la plupart du temps, il est nécessaire de retoucher cette photo afin de retrouver des tons cohérents avec le rendu de la scène initiale. Dans cet article, je vous propose donc quels sont le réglages de base qu’il sera nécessaire de faire pour retoucher les photos exposées à droite.

Mise en évidence du bruit dans les tons sombres

J’ai photographié deux fois la même scène cadrée rigoureusement pareil. Une première fois avec l’exposition automatique de mon boîtier, puis une seconde fois avec une exposition corrigées sur la droite.

Sur les deux images brutes suivantes, nous voyons bien la différence de tonalité due à la différence des réglages de l’exposition.

Première image de référence avec une exposition normale (automatique)
Première image de référence avec une exposition normale (automatique)
Seconde image de référence avec une exposition optimisée (à droite de l'histogramme)
Seconde image de référence avec une exposition optimisée (à droite de l’histogramme)

Après l’application de la méthode de retouche décrite ci-dessous, j’ai donc obtenu un rendu similaire pour les deux clichés.

Rendue de la première image de référence après retouche
Rendue de la première image de référence après retouche
Rendue de la seconde image de référence après retouche
Rendue de la seconde image de référence après retouche

C’est en regardant attentivement sur un détail dans les tons sombres que l’on voit clairement la présence de bruit. Voici ces deux détails photographiés ci-dessous :

Illustration du bruit dans les zones sombres
Illustration du bruit dans les zones sombres
Illustration du bruit dans les zones sombres
Illustration du bruit dans les zones sombres

On voit clairement que le niveau de bruit de la première photo (exposition automatique) est nettement supérieur à celui de la seconde photo (exposition à droite). En fonction de la scène que vous photographierez, votre rendu final sera plus ou moins dégradé.

Il est à noter aussi, que moins le capteur est performant et plus vous constaterez d’écart de qualité entre ces deux méthodes.

J’attire votre attention sur le fait que mon exemple a été réalisé avec un Nikon D5, reconnu pour avoir l’un des meilleurs capteurs sur le marché actuellement.

Maintenant que vous avez constaté la différence de qualité, je vous explique dans le paragraphe suivant les grandes lignes de la retouche sous lightroom ou Camera Raw d’une photo prise avec une exposition à droite.

Ajustements globaux sous Lightroom ou Camera Raw

Pour rappel, il est important que votre fichier soit au format RAW. Si vous ne savez pas pourquoi, je vous invite de nouveau à relire l’article que je vous ai cité dans le chapitre d’introduction.

Le premier travail à réaliser, est de déplacer le slider d’exposition au niveau que vous souhaitez. Ainsi, vous obtiendrez une luminosité assez proche de l’ambiance réelle de la scène que vous avez photographiée.

Le second travail à réaliser, et l’équilibre de l’histogramme au niveau de ses deux extrémités. Pour ce faire vous allez déplacer les sliders du “point blanc” et du “point noir” de manière à venir coller les premières informations de l’histogramme sur chacune des extrémités. Cette manipulation permet de profiter de l’ensemble du spectre de luminosité disponible sur une photo 8 bits.

Une fois fait, vous pouvez commencer à jouer avec les sliders “tons sombres” et “tons clairs” pour  mieux mettre en évidence les détails des zones sombres ou claires de votre image.

N’hésitez pas à retoucher un petit peu les points blancs et points noirs si besoin en fonction les modifications apportées au fur à mesure.

Aspects créatifs

Ce que je viens de vous expliquer dans les paragraphes précédents, est un processus de retouche permettant d’obtenir une image standard et uniquement descriptive. Il est néanmoins plus intéressant d’apporter une touche créative à vos photos de manière à vous démarquer des autres photographes.

Cet article n’est pas destiné à vous expliquer des techniques de retouches créatives, mais j’en profite néanmoins pour attirer l’attention sur les points suivants.

La qualité technique n’est pas une finalité

Chercher à avoir la meilleure qualité technique d’un cliché, en utilisant des techniques tel que l’exposition à droite par exemple, n’est absolument pas le moyen de faire en sorte que ces photos se démarqueront des autres photographes.

Il est important de comprendre que, la qualité d’une photo est particulièrement associée à son contenu, au regard du photographe, à l’émotion qu’elles vont provoquer chez les spectateurs et au message que le photographe souhaite intégrer à l’intérieur.

La qualité des appareils photo d’aujourd’hui est largement suffisante

Le second point que je souhaite évoquer avec vous, est qu’aujourd’hui la qualité des capteurs  est telle, que la qualité technique du cliché sera largement suffisante pour réaliser la majorité de vos photographies. C’est pourquoi apprendre ce type de technique est plus qu’accessoire par rapport à développer votre regard photographique.

Ceci est d’autant plus important de nos jours, de part le fait que la photographie s’oriente de plus en plus vers la production d’images. Ceci est notamment le point essentiel que j’ai retenu lors de ma dernière visite du Salon de la Photo de Paris dont j’étais officiellement partenaire. Je vous invite à relire l’article en question pour avoir plus de détails sur ce sujet crucial !

Merci de partager en commentaire vos remarques et retour d’expérience. Je suis d’ailleurs curieux de connaître vos points de vue à propos de l’importance des aspects techniques par rapport aux aspects artistiques.

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Photomontage et post-traitement Technique photo ou comment se servir de son matériel

Eclairage complexe avec un seul flash cobra

Avant de commencer cet article, je vous adresse tous mes vœux de bonheur, de prospérité et surtout de santé pour l’année 2019 ! Le début de chaque année est l’occasion de se définir de bonnes résolutions. Peut-être que l’une d’entre elles sera d’acquérir une tonne de matériels photo onéreux. Cependant, en attendant ce temps-là, je vous propose de réaliser la photo d’une bouteille à plusieurs sources d’éclairage, mais avec seulement un seul flash cobra. L’objectif de cet article, et de vous montrer que l’on peut réaliser de belles photos avec un minimum de matériel. Je vous invite à vous en inspirer, pour développer votre créativité et repousser vos limites techniques en dépensant un minimum d’argent.

L’idée

Mon but était de réaliser une image pouvant évoquer un moment chaleureux autour d’un moment de partage inspiré par cette période de premier de l’an. J’ai choisi de mettre en scène une bouteille d’alcool dans un décor simple en bois. La dominante de couleur de l’image devait être chaude pour apporter de la douceur à l’image tout en mettant en avant les textures des matériaux. Les utiliser les accessoires suivants :

  • une bouteille de Bénédictine non entamée,
  • une planche de bois pour faire mon support,
  • une planche à découper en bois pour faire le fond.

Le matériel photo

Comme évoqué dans le paragraphe d’introduction, j’ai utilisé le strict minimum de matériel photo. La liste est la suivante :

  • un boîtier photo,
  • un pied photo,
  • un flash cobra,
  • un couple de transmetteurs radio pour flash (CACTUS v6)
  • une plaque de plexiglas blanche translucide,
  • une plaque de polystyrène.

Pour info, les plaques de plexiglas et de polystyrène pourraient être simplement remplacées par des draps blancs.

Méthode de prise de vue

La technique utilisée est simple. Le but est de prendre sans jamais déplacer la bouteille ni le boîtier, 3 photos avec des éclairages différents. Les setups sont les suivants :

Première photo de base

Setup de prise de vue de la première photo de base pour avoir les reflets sur la bouteille
Setup de prise de vue de la première photo de base pour avoir les reflets sur la bouteille
Première photo de base de la photo d'une bouteille d'alcool dans des tons chaleureux.
Première photo de base de la photo d’une bouteille d’alcool dans des tons chaleureux.

Seconde photo de base

Setup de prise de vue de la seconde photo de base pour avoir les étiquettes correctement exposées sur la bouteille
Setup de prise de vue de la seconde photo de base pour avoir les étiquettes correctement exposées sur la bouteille
Seconde photo de base pour l'éclairage des étiquettes
Seconde photo de base pour l’éclairage des étiquettes

Troisième photo de base

Setup de prise de vue de la troisième photo de base pour avoir la transparence de la bouteille
Setup de prise de vue de la troisième photo de base pour avoir la transparence de la bouteille
Troisième photo de base pour la transparence de la bouteille afin de mettre en évidence le liquide
Troisième photo de base pour la transparence de la bouteille afin de mettre en évidence le liquide

Assemblage des photos

Assemblage des deux premières photos

Assemblage de la première photo et de la seconde photo de base pour la mise en évidence des étiquettes
Assemblage de la première photo et de la seconde photo de base pour la mise en évidence des étiquettes

L’assemblage est réalisé à partir des deux premières photos placées sur deux calques superposés ; la seconde photo étant placée au-dessus de la première. A l’aide d’un masque de fusion, on fait apparaître uniquement les zones de la seconde photo où se trouvent les étiquettes. Ici, le mode de fusion reste sur normal.

Ajout de la transparence

Assemblage des trois photos de bases pour avoir les reflets, les étiquettes et la transparence toutes en même temps.
Assemblage des trois photos de bases pour avoir les reflets, les étiquettes et la transparence toutes en même temps.

Pour réaliser cette opération, il suffit de placer sur un troisième calque au-dessus des deux autres la troisième photo de base. Affectez le mode de fusion superposition à ce calque et à l’aide d’un masque de fusion, faites apparaître uniquement l’intérieur de la bouteille.

Mise au propre

Retouche de l'assemblage des photos de bases de la photo d'une bouteille d'alcool dans des tons chaleureux.
Retouche de l’assemblage des photos de bases de la photo d’une bouteille d’alcool dans des tons chaleureux.

Afin d’avoir la photo la plus propre possible, il est intéressant de supprimer les poussières ou les reflets perturbateurs avec les outils tampon ou correcteur. Pour ma part, j’ai choisi de supprimer la ligne sombre dans le reflet de gauche ainsi que la tâche noire sur la droite de la bouteille.

Gestion des contrastes

Pour se faire, j’ai utilisé plusieurs calques courbes.

La première est en mode normal et est en forme de S caractéristique d’un fort contraste. Il est appliqué à l’ensemble de l’image afin de lui donner globalement plus de dynamique et de force.

Résultat de l'application de la première courbe en contraste globale sur l'image
Résultat de l’application de la première courbe en contraste globale sur l’image

Avec le second calque courbe, j’ai assombri le fond uniquement en abaissant les tons clairs et moyens. Pour avoir une délimitation précise entre la bouteille et le fond, j’ai utilisé l’outil de sélection plume puis j’ai appliqué un contour progressif de 2 pixels.

Résultat de l'application de la seconde courbe sur le fond uniquement pour l'assombrir
Résultat de l’application de la seconde courbe sur le fond uniquement pour l’assombrir

Enfin, avec un dernier calque courbe j’ai rehaussé les tons clairs sur la bouteille uniquement. Ceci a permis de raviver la bouteille par rapport au fond de l’image.

Résultat de l'application de la troisième courbe de contraste uniquement sur la bouteille pour la faire mieux ressortir
Résultat de l’application de la troisième courbe de contraste uniquement sur la bouteille pour la faire mieux ressortir

Gestion des couleurs

Dans le but d’obtenir des tons chaleureux, j’ai appliqué un calque correspondance de couleur avec le choix Crisp_Warm.look. Afin d’ajuster la puissance de celui-ci, j’ai réduit son opacité à 90%.

Pour info, chacun des calques courbes et correspondance de couleur sont en mode de fusion normal.

Résultat de l'application d'un calque de correspondance des couleur pour réchauffer l'ambiance globale
Résultat de l’application d’un calque de correspondance de couleur pour réchauffer l’ambiance globale

A ce stade, l’image aurait pu être finie. Cependant, vu l’aspect particulier de la bouteille, avec notamment le seau en cire rouge, je me suis dit qu’il serait peut-être plus cohérent de donner un aspect vintage à la photo finale.

Pour se faire, j’utilise la suite de filtres gratuite Nik Collection. Dans le cadre de cette photo, j’ai utilisé le filtre Analog Efex Pro 2. Dans la catégorie appareil photo classique, j’ai ajusté les réglages du pré-réglage n°2.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour l’ouvrir en taille réelle.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir...
Réalisation finale de la photo d’une bouteille d’alcool dans des tons chaleureux.

Afin de mieux vous rendre compte l’évolution de chacune des étapes du photomontage, voici une image animée de celles-ci :

Résumé des différentes étapes de réalisation du photomontage de la photo finale.
Résumé des différentes étapes de réalisation du photomontage de la photo finale.

Cet article est à présent terminé. J’espère qu’il vous aura apporté quelques trucs et astuces pour développer encore plus votre créativité. N’hésitez pas à me dire en commentaire ci-dessus si ce type d’article vous intéresse et que vous aimeriez que j’en réalise d’autres sur ce même principe.

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Technique photo ou comment se servir de son matériel

Comprendre la technique de l’exposition à droite de l’histogramme

Pour pleinement utiliser les capacités du capteur de votre appareil photo, il faut avant tout comprendre en profondeur comment fonctionne l’enregistrement des données de celui-ci. Cet article est justement rédigé pour vous expliquer cela. De plus, vous saurez alors quand, pourquoi et comment mettre en oeuvre la technique de « l’exposition à droite de l’histogramme ».

La mesure de la lumière en photographie

En photographie, la mesure de la lumière est exprimée en Diaphs, IL ou EV, c’est-à-dire en nombre de crans de fermeture du diaphragme. La particularité de cette mesure est qu’entre chaque cran, on divise ou on multiplie par 2 la quantité de lumière.

A savoir que l’étendue de luminosité que l’on trouve dans la nature est extrêmement large. Voici quelques valeurs typiques d’éclairement d’une scène.

  • Soleil : 100000 lux
  • Ciel gris : 25000 lux
  • Intérieur : 100 lux
  • Lumière à la bougie : 10 lux
  • Pleine lune : 0.2 lux

 

Limite de la dynamique du capteur

Quel que soit le système mise en œuvre pour capturer une image, celui-ci fonctionne sur une plage de valeur de niveaux de luminosité limitée. C’est exactement la même chose que pour un triple décimètre qui saura mesurer des distances qu’entre 0 et 30 centimètres.

L’étendue de cette plage est appelée dynamique du capteur : écart entre la luminosité la plus sombre et la plus claire.

Pour se fixer les idées, voici des ordres de grandeur de dynamiques de différents systèmes :

  • Œil : 27 IL
  • Négatif N&B : 14 IL
  • Reflex numérique : 8 ou 10 IL
  • Compact : 6 IL
  • Papier photo : 7 IL

Cette limitation technique impacte fortement le rendu photographique d’une scène à forts contrastes. Votre capteur n’aura probablement pas la capacité d’enregistrer l’ensemble des niveaux de luminosité de la scène. L’image présentera alors des zones bouchées (aplats noirs) ou des zones cramées (aplats blancs).

 

Précision de la mesure

Pour avoir un rendu fidèle de la scène, il est important d’avoir assez de finesse dans les nuances de luminosité de l’image produite. C’est ici qu’intervient l’importance du choix du format de fichier d’enregistrement de son appareil.

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, en fonction du type de fichier, la précision d’enregistrement peut être plus ou moins importante. Pour rappel, un fichier de type JPG (8bits) pourra restituer que 256 niveaux de luminosité alors qu’un fichier RAW codé sur 12bits, 14bits ou 16bits pourra enregistrer respectivement 4096, 16384 ou 65536 niveaux de luminosité.

Si nous reprenons l’exemple de notre triple décimètre, on peut dire :

  • Avec un codage sur 8 bits (28 = 256) => 30cm / 256 = 0.12cm soit une précision au millimètre.
  • Avec un codage sur 12 bit (212 = 4096) => 30cm / 4096 = 0.007cm soit une précision de l’ordre du centième de millimètre.

 

Non-linéarité du fichier d’enregistrement

C’est ici que les choses se corsent. Dans l’exemple du triple décimètre, les 30 cm sont divisés en 300 portions de distance toutes égales les unes avec les autres de 1 mm.

Dans le cadre de l’enregistrement numérique des données du capteur, ce n’est pas le cas. L’échelle est logarithmique. C’est-à-dire que chaque division de l’ensemble n’ont pas la même taille.

Voici la différence entre une échelle linaire et logarithmique dans le cas d’un triple décimètre :

Différence entre une échelle linaire et logarithmique
Différence entre une échelle linaire et logarithmique

 

Pour ce qui est des fichiers RAW, les tons clairs de luminosité sont de plus en plus détaillés. Ceci est dû au traitement binaire des données par l’électronique de l’appareil.

Voici donc sous forme de graphique la correspondance de l’ensemble. On se rend donc compte que 75% des informations du fichier concernent uniquement les 30% de tons de luminosité les plus clairs de la dynamique du capteur.

Représentation de la non-linéarité du niveau de détail du fichier d'enregistrement.
Représentation de la non-linéarité du niveau de détail du fichier d’enregistrement.

En conclusion

Pour profiter au maximum de la capacité du capteur de votre appareil photo, il faut donc s’arranger pour avoir un maximum de luminosité dans l’image en prenant bien garde à ne pas pour autant dépasser sa capacité et risquer de cramer les hautes lumières qui ne seraient donc pas enregistrées dans le fichier.

C’est alors au post-traitement, lors du développement de votre fichier RAW, que l’on pourra rétablir l’équilibre des tons de l’image pour lui rendre un visuel naturel.

 

Exposition à droite, mode d’emploi

Maintenant que nous avons compris la mécanique interne de l’enregistrement des données, abordons la mise en oeuvre pratique de « l’exposition à droite ».

 

La première chose à faire attention, c’est de ne pas avoir sa photo bouchée ou cramée. Dans le premier cas, l’histogramme sera tronqué sur à gauche et dans le second cas, l’histogramme sera tronqué sur la droite comme le montre les histogrammes suivants :

Représentation d'un histogramme calé sur la gauche caractéristique d'une image présentant des zones bouchées.
Représentation d’un histogramme calé sur la gauche caractéristique d’une image présentant des zones bouchées.

Représentation d'un histogramme calé sur la droite caractéristique d'une image présentant des zones cramées.
Représentation d’un histogramme calé sur la droite caractéristique d’une image présentant des zones cramées.

La plupart du temps, si vous avez fait attention à ce premier point vous devriez avoir un histogramme classique ressemblant au suivant :

Représentation d'un histogramme équilibré, mais non optimisé.
Représentation d’un histogramme équilibré, mais non optimisé.

De plus, l’aperçu de votre photo sur l’écran de votre boitier devrait correspondre à une exposition correcte de la scène photographiée. C’est typiquement le type d’histogramme que produisent les automatismes de votre boîtier des modes P, S ou A.

 

C’est à ce moment qu’il faudra vous faire violence en surexposant légèrement votre photo de manière à ce que le bord droit de votre histogramme vienne mourir juste à la limite droite de l’histogramme comme le montre l’image ci-dessous :

Représentation d'un histogramme optimisé et correctement calé sur la droite.
Représentation d’un histogramme optimisé et correctement calé sur la droite.

Utiliser la commande de correction de l’exposition de votre boîtier en augmentant progressivement sa valeur au fur et à mesure des essais. Ne soyez pas surpris si votre aperçu semble surexposé, car justement, c’est ce que nous souhaitons.

En effet, toute cette technique n’a de sens que :

  • Si vous shootez en RAW,
  • Si vous prendrez le temps de retoucher votre photo pour corriger les tons de l’image finale de manière à retrouver l’ambiance de la scène initiale.

 

Piège de l’histogramme de l’appareil photo

Dernier petit point important. Comme nous l’avons vu, cette technique permet d’utiliser au maximum la capacité de votre capteur et par conséquent n’a de sens que si vous utilisez le format RAW de votre appareil.

Le problème, c’est que l’histogramme affiché par votre appareil n’est pas celui de votre fichier RAW, mais celui de l’aperçu JPG intégré nativement au fichier RAW. Il s’agit donc que d’une approximation. A savoir que dans la pratique, il y a souvent plus de données que ce que l’histogramme affiche.

Je vous invite donc à faire des tests avec votre appareil pour apprendre à estimer quelle quantité de soi-disant zone cramée vous pouvez vous accorder et qui sera finalement bien enregistré dans votre fichier RAW.

Quitte à pousser votre matériel aux limites de ses possibilités, n’hésitez pas à faire la démarche jusqu’au bout… 😉

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Comprendre l’histogramme de vos photos

Avec l’essor de la photographie numérique, l’histogramme est devenu un outil incontournable. En effet, il permet en un coup d’œil d’évaluer une part de la qualité du fichier numérique réalisé. Comprendre l’histogramme permet donc de gagner du temps sur le terrain lors de la prise de vue, mais aussi lors du post-traitement de l’image sous votre logiciel de retouche. Dans cet article, je vous explique le pourquoi du comment.

 

Description de l’histogramme

Comme son nom l’indique, cet outil n’est rien d’autre que la représentation graphique sous forme d’histogramme de la répartition de la luminosité de l’image.

Représentation du panneau histogramme dans Photoshop.
Représentation du panneau histogramme dans Photoshop.

 

La profondeur de couleur en bits

Que l’on soit en présence d’un fichier couleur ou noir et blanc, chaque pixel composant l’image possède un niveau de luminosité. En fonction du format de fichier JPG, TIF ou autre, la valeur de la luminosité peut-être évaluée avec plus ou moins de finesse. Dans le cas, d’un fichier JPG, la luminosité sera codée avec une valeur comprise entre 0 et 255 car ce format de fichier est dit « codé sur 8 bits ». Dans le cas d’un fichier TIF en 16 bits, la valeur pourra être comprise entre 0 et 65536.

Autrement dit, un fichier JPG pourra présenter 256 niveaux de luminosité différents par pixel contre 65536 niveaux pour un format de fichier codé sur 16 bits. Par convention, la valeur 0 correspond au niveau de plus faible de luminosité (noir pur) et la valeur la plus grande (255 ou 65536) correspondra au blanc pur.

 

Description des axes de l’histogramme

Comme le montre l’illustration ci-dessous,

  • l’axe des abscisses (horizontal) représente les niveaux de luminosité,
  • l’axe des ordonnées (vertical) représente le nombre de pixels par niveau de luminosité.

Description des axes de l'histogramme dans Lightroom
Description des axes de l’histogramme dans Lightroom

Au-dessus de chaque niveau de luminosité, le logiciel de retouche ou firmware de l’appareil photo vient comptabiliser le nombre de pixels de l’image ayant ce même niveau de luminosité.

 

Dans l’exemple, ci-dessous, j’ai représenté l’histogramme d’une image qui aurait été codée sur seulement 3 bits (2³ = 8 niveaux de luminosité). On constate que la hauteur que chacune des barres est proportionnelles à la surface concernée.

Représentation d'un histogramme pour une image composée de 8 tons de gris.
Représentation d’un histogramme pour une image composée de 8 tons de gris.

 

Impacte de la tonalité de l’image sur l’histogramme

Il existe classiquement 3 types de tonalité d’une image : les images sombres (lowkey), les images claires (highkey) et enfin les images neutres.

Si vous ne savez plus très bien la différence entre la tonalité et l’exposition, je vous invite à lire ou relire l’article en question.

Sombre

Une tonalité sombre d’une image est une image présentant une majorité de tons sombres par rapport à sa surface totale. Le résultat constaté au niveau de l’histogramme est que la répartition des barres est tassée sur la gauche, c’est-à-dire vers les sombres.

Illustration d'une photo représentant des tons sombres avec un histogramme tassé sur la gauche
Illustration d’une photo représentant des tons sombres avec un histogramme tassé sur la gauche

Clair

Inversement, une image claire présentera une majorité de tons claire par rapport à sa surface totale. Evidemment, comme vous imaginez, la répartition des barres se trouve alors tassée vers la droite, c’est-à-dire vers les tons clairs.

Illustration d'une photo représentant des tons clairs avec un histogramme tassé sur la droite
Illustration d’une photo représentant des tons clairs avec un histogramme tassé sur la droite

Neutre

Enfin, une image présentant des tons neutres aura un histogramme ni tassé à droite ou à gauche mais ressemblera à la forme d’une courbe de gauss classique (en forme de cloche).

Illustration d'une photo représentant des tons neutre avec un histogramme réparti uniformément
Illustration d’une photo représentant des tons neutre avec un histogramme réparti uniformément